Israël, Hamas, cessez-le-feu !

21 Novembre 2012


Mercredi 14 novembre, Israël tirait un missile en plein Gaza sur la voiture d’un responsable du Hamas Ahmed Al-Jabari, le tuant lui et son chauffeur. Chef de la branche armée du Hamas, Jabari avait été responsable de l’enlèvement du soldat israélien Gilad Shalit et de sa libération après cinq années de détention en octobre 2011. Gershon Baskin, médiateur entre Israël et le Hamas, revient sur cet événement en dénonçant une « erreur stratégique » de la part d’Israël.


Sur le profil twitter des forces armées israéliennes, la mort d’Ahmed Jabari avait été annoncée par une photo de ce dernier, telle une affiche de cinéma, marquée de la mention « éliminé ».
Gershon Baskin, co-directeur de l’IPCRI, le centre de recherche et d’informations sur Israël et la Palestine, publie une tribune dans le New York Times deux jours après la mort du chef militaire palestinien. Il y démontre que ce dernier était engagé aux côtés du vice-Ministre des Affaires Etrangères du Hamas, Ghazi Hamad, avec qui Baskin était en contact direct, dans un accord de cessez-le-feu durable.

Dénonçant une « erreur stratégique irresponsable », G. Baskin raconte son rôle dans la proposition aux deux parties d’un accord de cessez-le-feu, qui aurait été en la possession de Jabari quelques heures avant sa mort. En effet, le Hamas, redoutant une nouvelle attaque terrestre comme celle de 2010 (qui avait fait plus de 1000 morts du côté palestinien), était enclin à négocier un accord sur le long terme. Ghazi Hamad avait d’ailleurs déclaré en juillet, lors d’un entretien au Monde, qu’il « n’avait pas honte de soutenir un cessez-le-feu avec Israël »*. Baskin ajoute que Jabari avait été responsable de la mise en place des précédents cessez-le-feu, et était en faveur d’un accord de longue durée tout comme d’autres hauts responsables du Hamas ; seulement il assure également que la libération du soldat Shalit avait signé la fin de son « assurance vie », ne lui laissant plus la garantie de ne pas être tué par l’armée israélienne.

Gershon Baskin dénonce ainsi le manque de volonté politique de la part d’Israël de mettre en place une nouvelle stratégie sur le long terme, qui romprait avec le cercle de violence engagé (bombardements, attaques terrestres, blocus), mais également d’« avoir éliminé »** un interlocuteur privilégié au sein du Hamas.

*Le Monde daté du 28 juillet 2012, propos recueillis par Laurent Zecchini

**Sur le profil Twitter des forces armées israéliennes, la mort d’Ahmed Jabari avait été annoncée par une photo de ce dernier, telle une affiche de cinéma, marqué de la mention « éliminé ».



Ex-responsable du pôle traduction et rédactrice à ses heures perdues. En savoir plus sur cet auteur